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Education nouvelle PDF Print E-mail
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L'éducation nouvelle est un courant pédagogique qui défend le principe d'une participation active des individus à leur propre formation. Elle déclare que l'apprentissage, avant d'être une accumulation de connaissances, doit avant tout être un facteur de progrès global de la personne. Pour cela, il faut partir de ses centres d'intérêt et s'efforcer de susciter l'esprit d'exploration et de coopération : c'est le principe des méthodes actives.

 

 

Principes

On peut citer les objectifs généraux définis en 1947 par la Nouvelle École de Boulogne  :

  • la confiance dans les ressources propres à chacun ;
  • le respect des enfants ;
  • la nécessité de favoriser l'expérience personnelle et le libre choix des activités dans un climat de libre expression ;
  • l'importance du milieu de vie élaboré par l'école ;
  • le sens global de l'éducation ;
  • la constante référence à la réalité.

 

Histoire

L'école de Johann et Anna  Pestalozzi
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L'école de Johann et Anna Pestalozzi

 

Les références

L'éducation nouvelle s'inspire d'une longue tradition de pédagogues depuis les humanistes de la Renaissance qui déjà estimaient que « l'enfant n'est pas un vase qu'on remplit mais un feu qu'on allume ». On trouvera des références à Rabelais et son abbaye de Thélème, à Montaigne, à Comenius.

Elle fut influencée par les théories de Rousseau et à leur mise en application par Pestalozzi.

L'éducation nouvelle naît sous sa forme actuelle au tout début du XXe siècle.

 

Premières écoles actives

Ce mouvement, de caractère international, est marqué dès 1889 par l'ouverture de l'École d'Abbotsholme, en Angleterre. Son fondateur, Cecil Reddie, remet en cause l'esprit de compétition permanente dans lequel sont formés les élites britanniques. Elle est suivie quelques années plus tard par celle de l'école de Bedales, qui pose le principe de la coéducation des deux sexes : c'est la première école mixte britannique.

En France, Edmond Demolins s'inspire de ces écoles pour fonder en 1899 l'École des Roches à Verneuil-sur-Avre; elle sera longtemps la référence pour la pratique des méthodes actives.

Ces écoles sont des internats à la campagne qui ont pour point commun de s'adresser à une élite. Elles seront néanmoins des lieux expérimentaux que visiteront et dont s'inspireront nombre de précurseurs.

D'autres expérimentent les idées libertaires dans leurs fondations et orphelinats.

En France, il y a tout d'abord l'expérience de Cempuis mené par Paul Robin de 1880 à 1894, puis Sébastien Faure crée en 1904 la Ruche, une école libertaire. Le mouvement européen s'enrichit en 1910 avec l'ouverture de l'Odenwaldschule par Paul Geheeb en Allemagne.

En Pologne, Janusz Korczak crée en 1912 son premier orphelinat « Dom Sierot » organisé en république d’enfants.

Par ailleurs à cette époque, des médecins et des psychologues cherchent à appliquer les découvertes de la science à l'éducation. Aux États-Unis, John Dewey ouvre en 1896 un laboratoire d'études sur la psychologie appliquée pour mieux comprendre la pédagogie, science appliquée de la psychologie.

En Italie, Maria Montessori crée la première Casa dei bambini en 1907, tandis que la première école Ovide Decroly est ouverte en Belgique. En Suisse, Edouard Claparède, médecin et psychologue, crée en 1912, à Genève l'Institut Jean-Jacques Rousseau, école des sciences de l’éducation .

 

L'impact de la Première Guerre mondiale

La Première Guerre mondiale marque profondément les pédagogues engagés dans ces expérimentations. Certains, comme les Français Célestin Freinet et Gustave Monod, y sont gravement blessés, mais, surtout, chacun prend conscience de la nécessité d'une éducation qui s'adresse à tous dans un autre état d'esprit. Les méthodes actives ne suffisent pas. Henri Wallon dira à propos de cette époque :

« Il avait semblé alors que pour assurer au monde un avenir de paix, rien ne pouvait être plus efficace que de développer dans les jeunes générations le respect de la personne humaine par une éducation appropriée. Ainsi pourraient s'épanouir les sentiments de solidarité et de fraternité humaines qui sont aux antipodes de la guerre et de la violence. »[1]

En 1921, Adolphe Ferrière rédige la première charte de l'éducation nouvelle et la Ligue internationale pour l'éducation nouvelle est créée. Au cours des années qui suivent et jusqu'à la Seconde Guerre mondiale, ses congrès rassembleront les militants de l'éducation nouvelle, permettant des échanges sur les pratiques et les travaux de recherche de chacun.

La plupart des personnalités de l'éducation nouvelle participent à ces congrès : Maria Montessori, Roger Cousinet, A.S. Neill etc. Ils publient d'autre part leurs travaux dans la revue de la ligue Pour l'ère nouvelle, qui paraît dès 1922.

Voir l’article Ligue internationale pour l'éducation nouvelle.

En 1921, A.S. Neill crée l'école de Summerhill, où il met en application ses théories libertaires. En France, Célestin Freinet crée la coopérative de l'enseignement laïc et fonde en 1935 l'école de Vence.

La Seconde Guerre mondiale interrompt les rencontres et les publications de la Ligue internationale pour l'éducation nouvelle. En Pologne, Janusz Korczak finit en déportation avec les enfants dont il s'occupait.

 

De la guerre froide à l'époque actuelle

Après la Seconde Guerre mondiale, le mouvement perd beaucoup de sa dynamique internationale : le congrès « des retrouvailles » de la ligue internationale pour l'éducation nouvelle en 1946 est le dernier. La politisation croissante des différents mouvements dans un contexte de guerre froide aura raison de ces rencontres internationales.

À la fin des années 1960, ce courant, qui revendique depuis ses origines une prise en compte des travaux en sciences humaines, est fortement influencé par la psychanalyse. Il s'inspire de la psychothérapie pour définir la pédagogie institutionnelle puis de la « dynamique des groupes restreints »,et la « non-directivité » de Carl Rogers.

 

Critiques

Dans les années 1970, l'application, parfois doctrinale, des travaux issus de la psychanalyse a pu conduire à des outrances comme le « psychanalysme » dénoncé par Robert Castel.

Sans renier l'intérêt global des travaux de l'éducation nouvelle, ils sont en général considérés au XXIe siècle comme relativement orthogonaux à l'acte d'éducation, ou tout au moins comme nécessitant une bonne dose d'humilité dans leur application pratique. Ces travers restent cependant l'une des critiques majeures faites à l'éducation nouvelle, l'autre étant l'apparent dédain du mouvement pour les savoirs enseignés.

 

L'influence sur les systèmes éducatifs nationaux

 

Europe

 

France

En France, à la Libération, l'éducation nouvelle a le vent en poupe, tant par les réformes entreprises dans le système éducatif que par des initiatives individuelles de création d'écoles nouvelles. Dès 1941 avait été créée en France la Maison d'enfants de Sèvres qui pratiquait les méthodes d'éducation nouvelle. Sous la responsabilité de sa créatrice Yvonne Hagnauer, elle accueillit orphelins et enfants juifs pendant l'Occupation. De 1945 à 1948 seront créées entre autres l'école nouvelle de la Source de Roger Cousinet, l'école du père Castor l'école Decroly de Saint-Mandé et la Nouvelle École de Boulogne, expérimentation confiée par le ministère de l'Éducation nationale aux CEMEA [2].

Tandis que la commission Langevin-Wallon prépare un plan de réforme du système éducatif français en s'appuyant sur les travaux réalisés par le conseil de la Résistance, Gustave Monod, directeur de l'enseignement du second degré, crée à Sèvres les classes nouvelles de la Libération, à partir de la classe de sixième, puis juqu'à la troisième.

Le début de la guerre froide interrompt cette dynamique. Henri Wallon quitte le gouvernement, et le plan Langevin-Wallon est enterré.

Les mouvements pédagogiques se radicalisent, le GFEN restant proche du communisme tandis que Célestin et Élise Freinet s'en détachent. On aboutit un antogonisme entre des mouvements qui défendent pourtant des théories éducatives similaires. Ce clivage perdure de nos jours en dépit de la création d'un comité de liaison des mouvements pédagogiques en 1985, avec un mouvement Freinet surtout présent dans le primaire, le GFEN plutôt actif au niveau de la formation des enseignants, et les écoles privées ANEN ou Montessori tenues à l'écart de ces mouvements.

Certaines pratiques de l'éducation nouvelle ont néanmoins été généralisées, en particulier celles visant à un apprentissage à partir du réel. Classes vertes, travaux manuels comme éducation artistique sont maintenant monnaie courante, surtout dans l'enseignement primaire. La mixité a été instaurée dans les années 1960.

Par contre, la mise en place d'un temps pour un travail libre personnel, partant des intérêts réels de l'élève, n'est jamais vraiment passé dans les moeurs scolaires, en dépit de la loi Jospin de 1989 plaçant « l'enfant au centre du système ». Introduit par les réformes successives sous les noms Tiers temps pédagogique puis Parcours diversifiés leurs derniers avatars, les itinéraires de découverte comme les travaux personnels encadrés ont récemment été remis en cause par la loi Fillon.

 

Principaux pédagogues

Parmi les principaux pédagogues qui ont contribué à illustrer le mouvement d'Éducation nouvelle, on peut citer:

  • Jean-Jacques Rousseau (1712-1778) : Il affirme que l'enfant est au centre de l'acte d'apprendre. Également, il affirme que la société dénature l'enfant, c'est-à-dire que la formation subie par l'enfant l'éloigne de son état naturel ;
  • Johann Heinrich Pestalozzi (1746-1827) ;
  • Friedrich Fröbel (1782-1852) ;
  • Paul Robin (1837-1912) ;
  • Georg Kerschensteiner (1854-1932) ;
  • Francisco Ferrer (1859-1909) ;
  • John Dewey (1859-1952) : Il est le premier à approcher l'enseignement et l'apprentissage sous un angle scientifique. En conséquence, les effets de chaque geste posé doivent être analysés pour en dégager des principes éducatifs ;
  • Rudolf Steiner (1861-1925) : Selon Steiner, l'enseignement, tel que donné dans les écoles allemandes, fait trop appel au côté rationnel de la personne. Il propose en conséquence une voie qui fait également appel au côté spirituel de la personne dans le respect de la doctrine Anthroposophique. Cette voie est également chargée de mysticisme et d'occultisme ;
  • Maria Montessori (1870-1952) : Son expérience avec des enfants dits attardés lui révèle que les méthodes d'enseignement classique au début du XXe siècle sont inefficaces. Elle décide de développer une approche pédagogique basée sur l'observation et l'expérience ;
  • Ovide Decroly (1871-1932) ;
  • Edouard Claparède (1873-1940) ;
  • Janusz Korczak (1878-1942) ;
  • Adolphe Ferrière (1879-1960) ;
  • Roger Cousinet (1881-1973) ;
  • Alexander Sutherland Neill (1883-1973) : Se faisant traiter dans un hôpital suite à des blessures de guerre, Neill découvre l'approche d'un psychiatre dans un centre dédié à des aliénés. Cette approche l'incite à revoir la relation entre le maître et l'élève, ce qui l'amène à fonder une école de style démocratique ;
  • Anton Makarenko (1888-1939) ;
  • Célestin Freinet (1896-1966) : Après des blessures de guerre ayant sévèrement diminué ses poumons, il décide de maintenir des conditions sanitaires particulières dans sa classe. Ce choix l'amène à créer le premier journal étudiant. Il fait aussi activement participer les élèves à la formation de leurs collègues ;
  • Carl Rogers (1902-1987) : Psychologue humaniste; ses multiples apports à la pédagogie ne peuvent être résumés dans quelques phrases. Le lecteur est prié de lire l'article pour approfondir ses apports.
 
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